29/03/2007

Avez vous l'occasion de vous ennuyer ?

   Un riche homme d'affaire convie tous les actionnaires de sa firme dans la salle de réunion.

 

   Lorsqu'ils sont assis autour de l'immense table ovale, il entame un curieux discours.

 

   "Vous me connaissez comme patron, mais que savez-vous de ma vie ?

 

   Depuis que je suis enfant, je n'ai pas eu un moment pour moi. Mes parents voulaient que j'ai tous les talents, alors

ils m'ont inscrits au club d'équitation et j'ai pratiqué le tennis. J'ai dû faire une dizaine d'années de piano et des exercices de gymnastique tout en suivant une scolarité exemplaire de l'internat le plus coté du pays.

 

   Lorsque je voulais prendre quelques heures de repos, ma conscience me sermonnait: "Tu n'as pas de temps à perdre, tu dois réussir. Vois! Ta vie est passionnante!"

 

   Adolescent, j'ai travaillé dur. Je bûchais nuit et jour pour obtenir un diplôme censé m'ouvrir en grand les portes de la vie active.

 

   Mais j'enviais secrètement les autres étudiants lorsqu'ils s'accordaient un peu de répis autour d'un verre ou dans une

discothèque. 

 

   Même le jour de mon mariage, j'étais comme un fantôme qui assiste de l'extérieur à ce qui se trame autour de lui.

J'avais laissé mon téléphone cellulaire allumé pour ne pas risquer de manquer un éventuel client. Et j'ai dit "Oui" à

ma femme sans vraiment avoir eu le temps de savoir si je l'aimais ou pas.

 

   Au cours de ma longue, trop longue carrière, je ne me suis jamais vraiment détendu. Je faisais un golf ? C'était toujours avec un client potentiel et une arrière pensée:

 

   "Va-t-il enfin signer le contrat?"

 

   Pas de vie de famille. Rentrer tard, lever tôt.

Mes 2 filles me connaissent à peine et ma femme a, je le sais, un jeune amant que je n'ai même pas le courage de lui refuser.

 

   Beaucoup penseront que je n'ai rien à regretter.

Aujourd'hui je suis à la tête d'une des compagnies les plus puissantes au monde. Mes employés me craignent et mes actionnaires m'adulent.

 

   Pourtant, je suis ici pour vous annoncer que je me retire."

 

   Les actionnaires se regardent alors sans rien dire, éberlués. 

L'un d'eux se lève et demande respectueusement:

 

   "Pourquoi avez vous décidé de nous quitter en pleine gloire ?

N'avez-vous pas tout ce que vous avez jamais voulu posséder ?

 

   "Non, répond le grand patron, il me manque une chose essentielle: je n'ai jamais eu l'occasion de m'ennuyer."

 

..................................................................

 

   Rares sont les lieux ou les occasions où nous pouvons mettre notre énergie en veilleuse et rester tout simplement assis

pendant des heures.

 

   Ne fuyez pas ces instants de relâche car ils ne sont jamais perdus : combien de grandes découvertes, combien de projets

ambitieux, d'idées géniales et d'œuvres magnifiques n'auraient jamais vu le jour si leurs initiateurs ne s'étaient retirés

quelques heures de la folie du monde pour s'oublier dans un ennui profitable?

 

..................................................................

 

"C'est au moment où l'on n'en a pas le temps qu'on devrait se détendre."

Sydney Harris

 

 

17:00 Écrit par Ruth dans contes | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Tout à fait ! Prenons le temps de vivre. Il faut ajouter de la vie aux années et non des années à la vie. Alors profitons-en aussi pour nous détendre et nous isoler de cette société qui a tendance à nous enlever des années.

Amicalement,

Écrit par : Rafaël | 29/03/2007

Bonjour ... C'est d’un petit coucou fraîchement printanier que je passe te saluer.
Je te souhaite beaucoup de belles choses durant ce weekend…
Bisous et amitié

Écrit par : Chadou | 30/03/2007

post tres zen j'aime , la vie est courte , il faut prendre le temps de se reposer ou de se distraire , pas toujours evident mais essayer de preserver des moments agréables . bisous mary , tres doux week a toi .

Écrit par : YEPA | 30/03/2007

je ne m'ennuie jamais mais qu'est ce que je me repose !!rire ....bisous ma tite Mary . La cigale

Écrit par : Bo Monique | 09/10/2010

Les commentaires sont fermés.